Réalisé par JR. Pays : France. Genre : Documentaire. Durée : 01 h 25 min. Année de production : 2010 Distributeur : Rezo Films. Date de sortie cinéma : 12 janvier 2011.
Le documentaire Women are Heroes revient sur l’oeuvre spectaculaire du jeune photographe JR autour de la condition des femmes dans le monde. Saisissant.
Octobre 2009. Installés sur les ponts et les quais de Seine, des yeux géants regardent d’un air ahuri les parisiens. Ces regards appartiennent aux héroïnes de JR : des femmes issues des quatre coins du monde au destin tragique et difficile. C’est armé d’un appareil photo et d’une caméra que le jeune artiste français JR s’est envolé pour la première étape de cette aventure féministe et universelle. Avec une seule idée en tête, photographier des femmes qui s’affirment dans un contexte difficile, pour afficher leur portrait dans plusieurs grandes villes du monde. Objectif : mettre en valeur leur dignité aux yeux de tous.
Bande annonce, "Women are heroes"
Le symbole de la femme régissant la société
Destination les bidonvilles du Kenya, les favelas du Brésil, les immeubles dévastés du Cambodge et les rues de New-Delhi. JR rencontre des femmes qui se prêtent au jeu de l’autoportrait filmé et photographié. Des témoignages bruts, racontés face caméra avec simplicité, humour et douleur. Chacune évoque son quotidien, une anecdote de la vie, sa place dans la société, dans les médias, sa vision du bonheur... C’est à l’issue de ces entretiens filmés qu’interviennent les prises photographiques. Les femmes singent des grimaces et font les folles devant l’objectif, mais c’est surtout la sévérité du milieu social qui se lit sur leur visage. Les photos prêtes, les collages peuvent commencer. Les affichages géants débutent dans les pays d’origine des intervenantes. Sur les murs, les toits ou la façade d’une église, les visages de ces destins hors normes scrutent les passants. Passer de l’anonymat total à l’exposition publique relève de l’hommage, mais aussi du symbole : celui de la femme régissant la société. C’est aussi l’idée d’une minute de gloire accordée à chacune des participantes.
« On passe de paysanne à superstar », s’exclame l’habitante d’une favela, émue par tant d’attention.
Lorsqu’il expose ces photos géantes dans les grandes villes du monde, JR cherche à offrir une visibilité à ces femmes auxquelles on accorde si peu de place, dans les médias ou dans la conscience des citadins. Le documentaire n’est pas qu’un simple making- of du projet.
Imparfait et parfois trop esthétisant (les accélérés des premières minutes font craindre le pire), ce premier film démontre que JR n’a peut-être pas encore la carrure d’un cinéaste affirmé. Peu importe, le documentaire offre le témoignage de chacune de ces femmes, expose leur situation et met à nu les émotions qui les submergent. Sans l’existence de ce film, les images exposées dans les villes n’ont pas le même sens. On peut se prendre à rêver que JR colle à nouveau ses portraits en ville après que le public ait découvert le documentaire, et qu’il puisse enfin regarder ces femmes comme chacune mérite d’être vue.